Margaux DANSE – Accompagnante périnatale

Nom de l’auteur/autrice :admin

image article lait artificiel
La boussole

Nourrir mon bébé au biberon

Nourrir mon bébé au biberon Pourquoi nourrir mon bébé au biberon ? Vous ne souhaitez pas allaiter ? Vous ne pouvez pas allaiter, ni donner votre lait par un autre moyen ? Vous souhaitez arrêter l’allaitement et votre bébé n’a pas encore une alimentation variée et riche en fer ? Vous souhaitez nourrir votre bébé au biberon avec du lait artificiel mais vous vous demandez : Comment nourrir mon bébé au biberon ? Vous êtes au bon endroit ! Voici quelques conseils et informations pratiques. Je ne le dirais jamais assez : il n’y a pas de règles absolues et chaque cas doit être vu dans sa globalité. Les informations qui suivent sont d’ordre général afin de vous aider à nourrir votre bébé au biberon. En cas de questions n’hésitez pas à contacter les professionnels de santé qui vous suivent. Quelle quantité de lait donner ? La règle d’Appert vous donne une estimation de la quantité de lait nécessaire/24h en fonction de son poids.  Comme tout outil, il a ses limites et doit être vu comme une aide et non une règle absolue. Quantité de lait journalière (à +ou- 100ml) = (poids en gramme /10) + 250 Le volume obtenu est à diviser par le nombre de biberons sur 24h. Cela donne en moyenne :  à 1 mois : 6 à 7 biberons de 120ml/24h à 2 mois : 5 à 6 biberons de 150ml/24h à 3 mois : 4 à 5 biberons de 180ml/24h à 4 mois : 4 biberons de 210 ml/24h à 5 mois : 2 biberons de 240ml + 2 biberons de 180ml/24h  de 6 à 12 mois : 2 à 3 biberons de 240 ml (en plus de la diversification) de 1 an à 3 ans : 500ml de lait croissance ou de lait UHT/24h Quelques conseils important pour nourrir mon bébé au biberon s’installer confortablement échanger les regard, lui parler, lui sourire vous pouvez donner le lait reconstitué à température ambiante ou chauffé à 37° au bain marie mettre le bébé assis et le biberon à l’horizontal vous permettra de mieux gérer le flux remplir la tétine à moitié de lait et faire des pauses permettra au bébé de mieux le digérer (limite le débit et l’absorption d’air) toucher les lèvres du bébé avec la tétine. Il va venir de lui-même la prendre en bouche. l’aider à faire son rot dans une position plus verticale (un lange à dispo en cas de régurgitations) Vous êtes les experts de vos bébés. Choix de l’eau, du matériel et du lait pour nourrir mon bébé au biberon Pour avoir toutes les informations sur le choix de l’eau et le déroulé de la préparation d’un biberon ainsi que le lavage et le stockage du matériel, je vous invite à visiter le site de l’Assurance Maladie :  « Bien préparer un biberon » En ce qui concerne le choix du matériel, on va favoriser le verre quand cela est possible pour éviter tout transfert de molécules lors du réchauffage mais ce matériau a pour inconvénient d’être plus lourd, cassable et généralement plus cher.  Les tétines représentent elles aussi un marché lucratif. Beaucoup de marques vantent leur ressemblance au sein maternel (business is business….)  Regardez deux choses importantes pour que la tétine soit adaptée à la succion de votre bébé :  Le débit doit être approprié. Ni trop lent, pour éviter la fatigue ou l’énervement, ni trop rapide pour éviter un trop plein de lait dans la bouche qu’il n’arrivera pas à gérer (en plus cela favorise les reflux).  La présence de valves d’air pour limiter l’air avalé.  Ainsi, il faut donc l’adapter à la compétence actuelle de succion de votre bébé.  En effet, chaque bébé à sa propre capacité de succion. Elle peut être efficace dès le début ou bien présenter des faiblesses (dues à une naissance prématurée, un frein de langue ou des tensions…). Par exemple, on va privilégier des tétines souples avec un débit moyen ou rapide pour un bébé qui a une succion faible. A l’inverse, une tétine dure avec un débit lent pour celui qui a une succion efficace.   Dans tous les cas, il est préférable que les lèvres soient positionnées de façon hermétique sur la tétine. Enfin, venons en au choix du lait. Il existe plusieurs “niveaux” : Lait 1er âge : 0-6 mois Lait 2eme âge : à partir de la diversification jusqu’à 1 an Lait de croissance : de 10 mois à 3 ans, recommandé mais non obligatoire en cas d’alimentation  équilibrée et surtout riche en fer (Pour plus d’informations sur le sujet, retrouvez mon article ici) Le 21ème siècle est pour cela une époque fantastique. Il offre le choix. Un large panel de choix. Parfois tellement large qu’on a du mal à s’y retrouver. Pur bien vous préparer à nourrir votre bébé au biberon, je vous conseille de visionner la vidéo ci-dessous, extraite de la Maison des Maternelles. Si vous n’en avez pas le temps, je vous fais un récapitulatif rapide. Les lait artificiels vendus actuellement ont un cahier des charges très stricts et les quelques différences qui peuvent exister sont marquetées à très haut niveau. Petit aparté pour celles labellisées bio dont les laits d’origine doivent répondre aux cahiers des charges dudit label.  En définitive, prenez la boite qui vous sied, parce qu’elle est jolie, ou parce qu’elle est moins chère, car celui qui décidera au final c’est le consommateur.  A noter que de nombreuses marques ajoutent maintenant des prébiotiques à leurs produits. Une très bonne nouvelle. Pour plus d’informations sur le sujet du microbiote, retrouvez mon article ici. Une fois reconstitué, le lait artificiel est très fragile. La prolifération de microbes y est rapide. On dit qu’il se conserve une heure à température ambiante et 30min si il a été réchauffé. https://www.youtube.com/watch?v=7p5PCSw7XeI Si toutefois le doute persistait, et que vous ayez besoin d’aide pour nourrir votre bébé au biberon : parlez-en aux professionnels de santé qui vous suivent pour vous aider à choisir.  Faites vos choix, assumez les et soyez heureux.Au

image article code OMS
Un peu de sérieux !

Le Code de l’OMS

Le Code de l’OMS Le code de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) constitue un ensemble de règles éthiques visant à vous protéger des assauts marketing des industriels dans le secteur de  l’alimentation des bébés. Pour information, les Préparations Commerciales pour Nourrisson (PCN) c’est le nom un peu barbare que donne les professionnels de la santé au lait en poudre industriel. On parle aussi de lait artificiel (ou LA) ou encore de Préparation Pour Nourrisson (PPN).  A noter que l’expression « lait maternisé » est interdite depuis 1981. https://www.youtube.com/watch?v=gegMBm8hELs Un peu d’histoire : contexte d’apparition du Code de l’OMS Notre histoire1 commence il y a fort longtemps mais nous nous intéresserons ici seulement aux derniers événements de la chaîne : « L’abandon du mode de nutrition physiologique des nouveau-nés au profit de l’alimentation au biberon avec des substituts créés à partir du lait d’une autre espèce est l’aboutissement d’une chaîne d’évènements initiés il y a fort longtemps et dont les derniers chapitres se sont précipités dans le courant du 20e siècle. »2 Nous voici donc dans les orphelinats, les hospices et les maisons de nourrices du XIXème siècle. La mortalité maternelle est en baisse : “A la fin de l’Ancien Régime (…) 4 à 15% des mères risquent de mourir des suites de leur accouchement Ce chiffre tend à diminuer (…) surtout au XIXème siècle.”3 En revanche, le fort taux d’abandon ou de placement en nourrices des bébés remplissent ces endroits de plus d’enfants qu’ils ne peuvent en contenir.  Des religieuses et des nurses (ancêtres de nos infirmières puéricultrices et auxiliaires de puériculture actuelles) s’occupent à la chaîne des centaines d’enfants dont elles ont la charge. Les nourrices acceptent beaucoup d’enfants pour recevoir une rente décente. Dans tous ces endroits, le taux de mortalité est difficile à déterminer mais les sources que j’ai pu trouver le situent entre 20 et 50% pour les enfants de moins d’un an. (selon les lieux et les époques).4 A l’époque, en l’absence de la mère ou d’une nourrice qui allaite il n’existe aucun moyen sûr de nourrir un bébé On essaye de les nourrir comme on peut, avec du lait d’un autre mammifère (majoritairement des vaches) ou bien de l’eau (plus ou moins propre). Dans les conditions d’hygiène de l’époque, les maladies sont nombreuses et souvent mortelles.  La fin de ce siècle est un tournant majeur car de nombreuses découvertes sont en route et vont révolutionner nos vies. On commence à parler d’hygiène, de stérilisation, de vaccination… C’est dans ce contexte social de séparation mère/enfant et face à l’enjeu de la mortalité infantile de l’époque, que vont se développer les substituts au lait maternel. C’est la révolution : « D’autre part, le biberon a succédé aux nourrices avec un succès considérable dans tous les milieux sociaux : les raisons de cet artifice sont complexes, de même que celles qui ont poussé précocement les familles françaises à limiter les naissances. »6  La mortalité infantile baisse et, en parallèle, les conditions de vie s’améliorent. Les bébés peuvent être nourris sécuritairement par des personnes qui leur sont étrangères.  En parallèle, la majorité des femmes s’investissent dans le travail industriel, de part le besoin de main d’œuvre avec l’arrivée de l’ère industrielle, puis avec les Guerres Mondiales. Le travail industriel finit par exclure la présence des tout petits. Un nouvel engrenage se met en route lentement mais sûrement. Dans ce processus d’éloignement de la dyade mère/bébé (un des nombreux qui ont existé depuis le néolithique à travers les lieux et les époques), on passe à côté de leurs besoins fondamentaux. On fini par voir le bébé comme un être passif, dépourvu de sensibilité et d’émotions, incapable de quoi que ce soit et surtout un démon assoiffé de lait qui hurle pour vous asservir (bon, d’accord j’exagère !).  Ainsi, dans les orphelinats (où s’est créé la puériculture du XXIe siècle dans un contexte de séparation mère/enfant, mais c’est un autre sujet), on organise des rondes de trois heures pour nourrir, langer, emmailloter puis reposer dans leur berceau les touts petits (l’absence de soins relationnels entraînant dans les cas les grave de l’hospitalisme7). Avec le capitalisme, se développe le marketing. Tout est organisé pour convertir la population aux bienfaits des PCN. On leur octroie le bénéfice d’être « presque » comme le lait maternel et d’en être un excellent substitut. Pour vendre son produit, l’industrie va très loin, trop loin même. Il mettent en avant des vertus, développent des gammes à en avoir le tournis dans un rayon d’hypermarché. Évidemment des scandales éclatent, comme celui des années 70 où Nestlé à été accusé de forcer l’arrêt de l’allaitement dans des pays où l’accès à l’eau potable et l’hygiène nécessaire pour l’utilisation des ses produits n’étaient pas présents.8 https://www.youtube.com/watch?v=ogSQcE3xmt4 Même les études s’y mettent. On compare les mamans et leurs bébés nourris des deux façons et on en conclut que l’allaitement apporte des bénéfices comparés aux PCN. Nous avons pris le discours à l’envers.  Je cite ici un extrait de la 9ème édition de « L’art de l’allaitement maternel » de La Leche League : « l’allaitement n’a pas de « bénéfices » ; c’est juste la façon biologiquement normale de nourrir un bébé. On y a pensé à l’envers. (…) La plupart des études ont traité les PCN comme étant la normalité et l’allaitement comme la chose inhabituelle. Cette approche rend l’état de santé des bébé nourris aux PCN comme étant la norme attendue, et les résultats de l’allaitement semblent être des points bonus. (…) Cela peut être une manière plus effrayante de voir l’alimentation des nourrissons – voir une liste de risques plutôt qu’une liste de bénéfices. Mais c’est une approche plus fiable et honnête. L’allaitement ne vous donne pas de points bonus, Tout autre chose ajoute des risques. »9 C’est dans ce climat de recherche de profit au détriment de la santé qu’est né le Code de L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) En pratique : il nous dit quoi ce code ? Créé en 1981, c’est un ensemble de recommandations qui visent à

Retour en haut