Le Code de l’OMS
Le Code de l’OMS Le code de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) constitue un ensemble de règles éthiques visant à vous protéger des assauts marketing des industriels dans le secteur de l’alimentation des bébés. Pour information, les Préparations Commerciales pour Nourrisson (PCN) c’est le nom un peu barbare que donne les professionnels de la santé au lait en poudre industriel. On parle aussi de lait artificiel (ou LA) ou encore de Préparation Pour Nourrisson (PPN). A noter que l’expression « lait maternisé » est interdite depuis 1981. https://www.youtube.com/watch?v=gegMBm8hELs Un peu d’histoire : contexte d’apparition du Code de l’OMS Notre histoire1 commence il y a fort longtemps mais nous nous intéresserons ici seulement aux derniers événements de la chaîne : « L’abandon du mode de nutrition physiologique des nouveau-nés au profit de l’alimentation au biberon avec des substituts créés à partir du lait d’une autre espèce est l’aboutissement d’une chaîne d’évènements initiés il y a fort longtemps et dont les derniers chapitres se sont précipités dans le courant du 20e siècle. »2 Nous voici donc dans les orphelinats, les hospices et les maisons de nourrices du XIXème siècle. La mortalité maternelle est en baisse : “A la fin de l’Ancien Régime (…) 4 à 15% des mères risquent de mourir des suites de leur accouchement Ce chiffre tend à diminuer (…) surtout au XIXème siècle.”3 En revanche, le fort taux d’abandon ou de placement en nourrices des bébés remplissent ces endroits de plus d’enfants qu’ils ne peuvent en contenir. Des religieuses et des nurses (ancêtres de nos infirmières puéricultrices et auxiliaires de puériculture actuelles) s’occupent à la chaîne des centaines d’enfants dont elles ont la charge. Les nourrices acceptent beaucoup d’enfants pour recevoir une rente décente. Dans tous ces endroits, le taux de mortalité est difficile à déterminer mais les sources que j’ai pu trouver le situent entre 20 et 50% pour les enfants de moins d’un an. (selon les lieux et les époques).4 A l’époque, en l’absence de la mère ou d’une nourrice qui allaite il n’existe aucun moyen sûr de nourrir un bébé On essaye de les nourrir comme on peut, avec du lait d’un autre mammifère (majoritairement des vaches) ou bien de l’eau (plus ou moins propre). Dans les conditions d’hygiène de l’époque, les maladies sont nombreuses et souvent mortelles. La fin de ce siècle est un tournant majeur car de nombreuses découvertes sont en route et vont révolutionner nos vies. On commence à parler d’hygiène, de stérilisation, de vaccination… C’est dans ce contexte social de séparation mère/enfant et face à l’enjeu de la mortalité infantile de l’époque, que vont se développer les substituts au lait maternel. C’est la révolution : « D’autre part, le biberon a succédé aux nourrices avec un succès considérable dans tous les milieux sociaux : les raisons de cet artifice sont complexes, de même que celles qui ont poussé précocement les familles françaises à limiter les naissances. »6 La mortalité infantile baisse et, en parallèle, les conditions de vie s’améliorent. Les bébés peuvent être nourris sécuritairement par des personnes qui leur sont étrangères. En parallèle, la majorité des femmes s’investissent dans le travail industriel, de part le besoin de main d’œuvre avec l’arrivée de l’ère industrielle, puis avec les Guerres Mondiales. Le travail industriel finit par exclure la présence des tout petits. Un nouvel engrenage se met en route lentement mais sûrement. Dans ce processus d’éloignement de la dyade mère/bébé (un des nombreux qui ont existé depuis le néolithique à travers les lieux et les époques), on passe à côté de leurs besoins fondamentaux. On fini par voir le bébé comme un être passif, dépourvu de sensibilité et d’émotions, incapable de quoi que ce soit et surtout un démon assoiffé de lait qui hurle pour vous asservir (bon, d’accord j’exagère !). Ainsi, dans les orphelinats (où s’est créé la puériculture du XXIe siècle dans un contexte de séparation mère/enfant, mais c’est un autre sujet), on organise des rondes de trois heures pour nourrir, langer, emmailloter puis reposer dans leur berceau les touts petits (l’absence de soins relationnels entraînant dans les cas les grave de l’hospitalisme7). Avec le capitalisme, se développe le marketing. Tout est organisé pour convertir la population aux bienfaits des PCN. On leur octroie le bénéfice d’être « presque » comme le lait maternel et d’en être un excellent substitut. Pour vendre son produit, l’industrie va très loin, trop loin même. Il mettent en avant des vertus, développent des gammes à en avoir le tournis dans un rayon d’hypermarché. Évidemment des scandales éclatent, comme celui des années 70 où Nestlé à été accusé de forcer l’arrêt de l’allaitement dans des pays où l’accès à l’eau potable et l’hygiène nécessaire pour l’utilisation des ses produits n’étaient pas présents.8 https://www.youtube.com/watch?v=ogSQcE3xmt4 Même les études s’y mettent. On compare les mamans et leurs bébés nourris des deux façons et on en conclut que l’allaitement apporte des bénéfices comparés aux PCN. Nous avons pris le discours à l’envers. Je cite ici un extrait de la 9ème édition de « L’art de l’allaitement maternel » de La Leche League : « l’allaitement n’a pas de « bénéfices » ; c’est juste la façon biologiquement normale de nourrir un bébé. On y a pensé à l’envers. (…) La plupart des études ont traité les PCN comme étant la normalité et l’allaitement comme la chose inhabituelle. Cette approche rend l’état de santé des bébé nourris aux PCN comme étant la norme attendue, et les résultats de l’allaitement semblent être des points bonus. (…) Cela peut être une manière plus effrayante de voir l’alimentation des nourrissons – voir une liste de risques plutôt qu’une liste de bénéfices. Mais c’est une approche plus fiable et honnête. L’allaitement ne vous donne pas de points bonus, Tout autre chose ajoute des risques. »9 C’est dans ce climat de recherche de profit au détriment de la santé qu’est né le Code de L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) En pratique : il nous dit quoi ce code ? Créé en 1981, c’est un ensemble de recommandations qui visent à
