Margaux DANSE – Accompagnante périnatale

Comment le bien-être de la maman influence celui du bébé

Grossesse, émotions et maternité : ce lien invisible qui façonne votre enfant dès avant sa naissance.

Vous avez peut-être déjà entendu cette phrase : « Un bébé heureux, c’est d’abord une maman qui va bien. » Derrière ce qui pourrait ressembler à un joli slogan se cache une réalité scientifique de plus en plus documentée. Le bien-être de la mère — physique, émotionnel, psychologique — influence profondément le développement de son bébé, bien avant la naissance. Et après. Ce n’est pas pour culpabiliser les mamans qui traversent des moments difficiles (on est loin de là !), mais pour rappeler à quel point prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de son enfant.

maman tenant un nouveau né dans ses bras

Le ventre de maman : bien plus qu'un cocon

Pendant longtemps, on a imaginé l’utérus comme une simple enveloppe protectrice, imperméable au monde extérieur. Les recherches scientifiques récentes ont totalement changé cette vision. Le fœtus est loin d’être passif : il perçoit, ressent, réagit.

Le Dr Thomas Verny, psychiatre et chercheur, a été l’un des pionniers de cette révolution. Dans son ouvrage La vie secrète de l’enfant avant sa naissance (1981, éditions Grasset), il défend l’idée que le bébé à naître est un être conscient et sensible, capable de mémoriser des expériences dès la vie intra-utérine. Une thèse qui a bousculé bien des certitudes médicales et ouvert la voie à tout un champ de recherches sur la période périnatale.

Plus récemment, Sonia Krief, thérapeute spécialisée en périnatalité, explore dans Le Monde insoupçonné de bébé les capacités extraordinaires du nourrisson — mais aussi du fœtus — à percevoir et enregistrer ce qui l’entoure. Son approche, à la frontière entre neurosciences et accompagnement thérapeutique, invite à regarder différemment ces premiers mois d’existence.

Et si vous aimez les formats audio, le podcast In utero de France Inter, présenté par Zoé Varier, est une merveille en la matière. L’épisode 10/10 — Le fœtus et la mère : transmission de pensée ? — pose une question fascinante : au-delà de la voix, les femmes enceintes communiquent-elles d’autres façons avec leur enfant in utero ? La chercheuse Marie-Claire Busnel y répond avec nuance et rigueur scientifique. Un épisode à écouter absolument.

Le cortisol : quand le stress traverse le placenta

Le lien entre les émotions de la mère et le développement du bébé passe notamment par les hormones. Et parmi elles, le cortisol — souvent surnommé « l’hormone du stress » — joue un rôle central.

Lorsqu’une femme enceinte traverse une période de stress intense ou prolongé, son organisme sécrète du cortisol en quantité importante. Or cette hormone a la capacité de franchir la barrière placentaire et de se retrouver dans le sang du bébé. Des études menées notamment par l’Université McGill ont montré qu’un niveau élevé de cortisol chez la mère est associé à un niveau élevé de cortisol chez le fœtus — avec des conséquences potentielles sur son développement.

Des recherches récentes ont mis en lumière des changements structurels dans l’amygdale du nourrisson (cette zone du cerveau impliquée dans la gestion des émotions et de la peur) chez des bébés dont les mères avaient présenté des taux élevés de cortisol pendant la grossesse. Ces modifications pourraient expliquer pourquoi certains enfants sont plus susceptibles de développer des difficultés émotionnelles ou comportementales plus tard dans leur vie.

Attention : cela ne signifie pas qu’une grossesse stressante condamne l’enfant. Les chercheurs de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants le rappellent : les effets du stress dépendent de nombreux facteurs — son intensité, sa durée, mais aussi les ressources de la mère pour y faire face. Le stress ponctuel ne laisse pas les mêmes traces qu’un stress chronique et non soutenu.

Ce qui compte, c’est le regard global porté sur la grossesse et la manière dont la future maman est accompagnée.

professionnel aidant une maman

L'importance du monde accueillant : ce que ressent bébé, il l'enregistre

Le fœtus est une éponge sensorielle et émotionnelle. Il perçoit les émotions de sa mère — pas dans ses pensées, mais à travers les modifications hormonales, cardiaques et physiologiques que ces émotions provoquent dans son corps. C’est ce que les scientifiques appellent le milieu intra-utérin : bien plus qu’un environnement physique, c’est un véritable climat émotionnel.

Ce climat, le bébé l’intègre. Il en fait une première représentation du monde : est-il sûr ? est-il accueillant ? peut-on s’y détendre ?

Ce n’est pas pour autant qu’une grossesse difficile — marquée par l’anxiété, des événements douloureux, ou une dépression — condamne l’enfant à un avenir sombre. Mais cela rappelle l’importance, autant que possible, de créer les conditions d’un sentiment de sécurité, y compris pour soi. Parce que ce que ressent la maman, le bébé le ressent aussi.

Et après la naissance, ce processus continue. La qualité de l’attachement, la sensibilité de la maman à ses propres besoins, son état émotionnel au quotidien — tout cela reste un signal fort pour le nourrisson, qui calibre sa propre régulation émotionnelle sur celle de sa mère.

La dépression périnatale : quand ça ne va vraiment pas, et qu'il faut en parler

On parle souvent du baby blues — cette période transitoire de quelques jours après l’accouchement, liée aux bouleversements hormonaux, qui touche la grande majorité des nouvelles mamans. Pleurs soudains, émotions à fleur de peau, sentiment de ne pas être à la hauteur… C’est douloureux, mais ça passe. Si vous souhaitez en savoir plus, j’ai consacré un article complet au baby blues sur le blog.

Mais parfois, ça ne passe pas. Ou ça arrive même avant l’accouchement. On parle alors de dépression périnatale — un terme qui englobe la dépression pendant la grossesse et dans l’année qui suit la naissance.

Elle toucherait entre 10 et 20 % des femmes enceintes ou nouvellement accouchées. Ce n’est pas un manque d’amour. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une maladie qui nécessite un accompagnement.

L'EPDS : un outil de dépistage simple et précieux

Pour aider à détecter la dépression périnatale, il existe un questionnaire de référence : l’Edinburgh Postnatal Depression Scale (EPDS). Développée en 1987 par Cox, Holden et Sagovsky, cette échelle de 10 questions est aujourd’hui l’un des outils de dépistage les plus utilisés au monde dans la période périnatale. Sa version française a été validée et son efficacité a été confirmée, notamment dans une étude menée dans une grande maternité parisienne.

L’EPDS peut être proposé par le médecin, la sage-femme ou la maternité, pendant la grossesse comme après l’accouchement. Il n’est pas un diagnostic en soi, mais un signal d’alerte précieux qui permet d’orienter vers un accompagnement adapté.

Si vous ressentez un sentiment persistant de tristesse, d’épuisement profond (au-delà de la fatigue normale du post-partum), d’anxiété intense, ou si vous avez du mal à vous sentir reliée à votre bébé : parlez-en à votre professionnel de santé. Sans attendre. Sans honte.

échelle EDPS

Se sentir bien en tant que jeune maman : pas un luxe, une nécessité

On ne va pas se mentir : devenir maman, c’est beau, mais c’est aussi physiquement et émotionnellement exigeant. Entre la fatigue, le corps qui a tout donné, les nuits courtes, les doutes… prendre soin de soi peut vite passer au dernier rang des priorités.

Et pourtant. C’est précisément là que ça joue.

Voici quelques pistes concrètes pour prendre soin de vous — et par extension, de votre bébé :

Sur le plan physique, le corps a besoin de récupérer. Le soin rebozo, par exemple, est une pratique traditionnelle mexicaine qui accompagne les femmes dans leur rétablissement physique après l’accouchement. Il aide à refermer le corps, à soulager les tensions, et à retrouver une sensation d’unité dans son corps transformé. Pour en savoir plus, découvrez ma page dédiée au soin rebozo ou quand le faire après l’accouchement.

Le massage post-natal est une autre belle façon de prendre soin de soi après la naissance. Il favorise la récupération physique, apaise le système nerveux et aide à reconnecter avec son corps. En savoir plus sur le massage post-natal.

Et si les jambes lourdes, les œdèmes ou la fatigue généralisée vous accompagnent, le drainage lymphatique méthode Renata França peut apporter un soulagement profond. Retrouvez toutes les informations sur ma page de soin dédiée au drainage lymphatique.

Sur le plan émotionnel, ne sous-estimez pas le pouvoir de nommer ce que vous ressentez. Parler à une professionnelle de santé, à une sage-femme, à une psychologue spécialisée en périnatalité — ou simplement à une amie de confiance — fait une réelle différence.

Ce que la science nous dit, au fond

Toutes ces recherches convergent vers le même message : le bébé ne naît pas dans un vide. Il naît dans un monde émotionnel déjà façonné. Et ce monde, c’est d’abord celui de sa mère.

Ce n’est pas une pression supplémentaire posée sur les épaules des mamans. C’est une invitation à prendre soin de soi avec la même bienveillance qu’on offrirait à son enfant.

Vous méritez d’être accompagné, soutenu, et de vous sentir bien. Et votre bébé en bénéficiera directement.

femme enceinte en posture de yoga

Sources

  • æCox, J.L., Holden, J.M., Sagovsky, R. (1987). Detection of postnatal depression: Development of the 10-item Edinburgh Postnatal Depression Scale. British Journal of Psychiatry, 150, 782-786.
  • Université McGill — Projet SPIRAL : Qu’est-ce que le stress maternel prénatal ? https://www.mcgill.ca/spiral/fr/spiral-0/stress-prénatal
  • Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants : L’impact du stress prénatal et périnatal sur le développement. https://www.enfant-encyclopedie.com
  • Recherche PubMed : Validation of the Edinburgh postnatal depression scale (EPDS) in a sample of women with high-risk pregnancies in France. (2005) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15883653/
  • Études sur le cortisol maternel et l’amygdale du nourrisson, citées par Pourquoi Docteur (2021) : https://www.pourquoidocteur.fr
  • Thomas Verny, La vie secrète de l’enfant avant sa naissance, Grasset, 1981.
  • Sonia Krief, Le Monde insoupçonné de bébé, éditions Guy Trédaniel.
  • Podcast France Inter —

    In utero, présenté par Zoé Varier — Épisode 10/10 : Le fœtus et la mère : transmission de pensée ? avec Marie-Claire Busnel (2023). Disponible sur Radio France.

FAQ : Vos questions sur le bien être maman/bébé

Oui, dans une certaine mesure. Le cortisol, hormone du stress, peut traverser le placenta et influencer le développement fœtal — notamment au niveau du cerveau émotionnel. Cependant, un stress ponctuel n'a pas les mêmes effets qu'un stress chronique intense. Ce qui compte aussi énormément, c'est d'être entourée et soutenue.

Le baby blues est une réaction transitoire (quelques jours) liée aux changements hormonaux post-accouchement. La dépression périnatale, elle, est plus durable et plus intense — elle peut survenir pendant la grossesse ou dans l'année suivant la naissance, et nécessite un accompagnement professionnel.

 

L'EPDS (Edinburgh Postnatal Depression Scale) est un questionnaire de 10 questions utilisé pour dépister la dépression périnatale. Il peut être proposé par un médecin, une sage-femme ou une maternité, avant et après l'accouchement. Il ne remplace pas un diagnostic, mais permet d'identifier les femmes qui auraient besoin d'un soutien spécifique.

La bonne nouvelle : il n'est pas nécessaire d'être parfaite. Ce qui compte, c'est la qualité globale de votre présence, votre capacité à être accompagnée, et les moments de connexion avec votre bébé. Parler à votre enfant, le toucher avec douceur, chercher du soutien pour vous-même — tout cela contribue à lui offrir un monde accueillant.

Tout à fait. Le massage post-natal, le soin rebozo et le drainage lymphatique sont des soins adaptés à la période du post-partum. Ils aident à récupérer physiquement, à apaiser le système nerveux, et à retrouver une relation apaisée avec son corps. N'hésitez pas à me contacter pour en savoir plus sur les soins que je propose.

Faites vos choix, assumez-les et soyez heureux.
Au fond, c’est ça qui compte !

Retour en haut